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14.06.2021

07.05.2021 16:00


Pandémie et socialisme

Depuis plusieurs mois, le monde entier parle de l’épidémie du Covid-19. Les individus, les institutions, les organisations, les partis, les gouvernements expriment divers types de points de vue et d'attitudes. Les scientifiques tentent de comprendre et d'expliquer la nature scientifique du virus, de prédire l'évolution possible de l'épidémie et, en attendant, de persuader les gouvernements de prendre des mesures plus sérieuses. La gauche mondiale et gauche turque, se concentrent sur les causes sociales, sur l'influence politique, de classe, et les conséquences de l'épidémie. Elle essaie de prédire l’évolution de la pandémie dans un futur proche, ses effets sur les relations et les rapports de force de classe, et ses conséquences possibles pour la lutte de classe.

Le coronavirus, un micro-organisme qui ne pouvait même pas s’introduire dans une espèce vivante, n’a pas seulement concentré le monde entier sur lui-même pendant des mois, mais a également secoué dès le fondement toutes les perceptions établies sur le système. Il a exposé certains des faits fondamentaux du capitalisme en tant que système social dominant. Un certain nombre des pays les plus riches du monde, principalement les États-Unis, l’Angleterre, la France et l'Italie, ces soi-disant îlots de prospérité du système capitaliste, pris au dépourvu par l'épidémie et restant incompétents dans la lutte contre l'épidémie, ont ouvert ainsi la voie à de sérieuses questions sur la réalité de la société capitaliste.

Le tableau d'ensemble du processus a révélé que le système mondial capitaliste n'est pas seulement la principale source de ces catastrophes sociales, mais aussi le principal obstacle à surmonter. On a vu que ce qui est essentiel pour le capitalisme, ce n’est pas l'être humain avec ses besoins matériels et culturels fondamentaux, mais seulement le profit et l'intérêt privé. Même en période d'épidémie, nous constatons de manière affreuse que ce n'est pas la santé publique générale qui détermine les politiques et les préférences des gouvernements capitalistes, mais seulement les intérêts et les besoins des monopoles capitalistes, des banques et des entreprises.

Tout cela réuni révèle la faillite sociale, politique et morale du système capitaliste qui domine le monde d'aujourd'hui. Ce n'est vraiment rien de nouveau. C'est une réalité de ces dernières décennies, avec des problèmes sociopolitiques qui s'aggravent, des guerres sans fin et de graves problèmes environnementaux qui évoluent rapidement vers des points irréversibles. Cependant, une épidémie qui s'est soudainement propagée à des millions de personnes sur tous les continents et qui a causé la mort en série de centaines de milliers de personnes, s’est rendue ainsi beaucoup plus visible pour beaucoup de monde, du moins perceptible avec le choc qu'elle a créé à l'échelle mondiale.

À la lumière de ces actes, essayons de résumer quelques faits de base qui nous permettront de mieux comprendre le problème dans un cadre plus large, en laissant de côté le cours actuel et les conséquences de l'épidémie.

I

Le capitalisme est apparu sur la scène de l'histoire dès le début en créant des coûts sociaux très lourds pour l'humanité. Le processus d '« accumulation primitive » dans le pays et le colonialisme à l'étranger ont, depuis plusieurs centaines d'années, fait de la vie d’une grande partie de la population du monde entier un enfer. Dès le début, la bourgeoisie est montée sur la scène de l'histoire avec les plus grandes destructions, les oppressions les plus brutales, les souffrances les plus insupportables, l'usurpation et le pillage les plus méprisables. Dans ces paroles très concis de Marx, le processus de transformation du capitalisme en un système social dominant, s'est déroulé « dégoulinant de sang et de saleté par tous ses pores, de la tête au pied ».

Mais le fait que le capitalisme soit finalement devenu dominant ne signifiait pas la fin des problèmes sociaux et donc des coûts, au contraire, il signifiait une forme permanente et structurelle. L'exploitation du travail, les profondes inégalités sociales, les conditions de travail et de vie difficiles pour les travailleurs, la malnutrition, le chômage, la pauvreté, la privation, la maladie, le retard culturel, la dégradation spirituelle et morale sont tous des produits structurels sans fin du système.

Ces problèmes ont été définis dans le concept du grand «problème social» dès la première moitié du XIXe siècle, c'est-à-dire au début de l’évolution du capitalisme en système dominant. Au cours de la même période historique, le «problème social» s'est accompagné des luttes sociales modernes de plus en plus évidentes et de l'émergence de courants socialistes et communistes modernes comme expression consciente de ces luttes. L'attitude envers les efforts considérables pour résoudre le «problème social» en dépassant l’ordre établi et la pratique systématique de les écraser, ont fait de la domination de la classe bourgeoise la principale source et l'axe de base non seulement des problèmes sociaux et des catastrophes, mais aussi de toutes sortes de réactions politico-culturelles.

Le système capitaliste était maintenant le terrain maudit et fertile non seulement de guerres interminables, mais aussi d'une réaction politique institutionnalisée. À l'ère de l'impérialisme qui est entré au XXe siècle, ils ont préparé de nouvelles grandes catastrophes sociales, politiques et culturelles pour l'humanité, premièrement en s’élargissant dans les guerres mondiales impérialistes et deuxièmement en donnant naissance au fascisme. À cette même époque où l'impérialisme est devenu un système de domination mondiale, l'exploitation et le pillage multiples des pays coloniaux et semi-coloniaux ont atteint des dimensions sans précédent. Tout ce processus historique a engendré des destructions et des souffrances matérielles, culturelles et humaines sans précédent aux peuples des pays opprimés qui constituent la grande majorité de l'humanité.

II

D'autre part, le même XXe siècle est également devenu le théâtre de glorieuses luttes pour résoudre le grand « problème social » découlant du système capitaliste, dans la percée de la Révolution d'Octobre. Ces luttes ont couvert la Terre sous forme de grandes tempêtes durant les trois premiers quarts du siècle. En conséquence, le système a été durement touché dans un certain nombre de domaines. Sous la pression directe de ces coups, du moins dans les métropoles impérialistes et seulement pour un temps, l'ordre capitaliste a ressenti le besoin de se réformer sous certaines limites. Mais au cours du dernier quart du siècle, la vague révolutionnaire mondiale a reculé, puis la grande contre-offensive de la réaction mondiale des quarante dernières années a commencé.

Le système capitaliste, qui a exploité et pillé la nature ainsi que les ouvriers pendant quatre cents ans sans aucune règle ni mesure, a atteint les dimensions les plus destructrices et dévastatrices des quarante dernières années avec l'insouciance d'être libéré de la menace de la révolution sociale et donc de toutes sortes d'obstacles. Dès le début, la nature tirait également sa part des prix infinis payés par l'homme. Néanmoins, la surcharge des quarante dernières années a également montré que cela atteignait désormais certaines limites.

Au-delà de ces limites, il y a eu une détérioration irréversible de l'équilibre de la nature qui s'était installé pendant des millions d'années, et donc la vie dans son ensemble a fait face à son extinction. Cette menace et ce danger sont apparus suite à une série d'indicateurs au cours des quarante dernières années et sont toujours en plein essor. La pollution de l'environnement, la couche d'ozone, l'effet de serre, le réchauffement climatique, les problèmes climatiques qui entraînent des catastrophes au jour le jour, l'épuisement rapide des ressources non renouvelables et bien sûr la détérioration progressive de l'équilibre de tous les êtres vivants, l'appauvrissement de la biodiversité, la disparition d'espèces végétales et animales, la grande pollution des mers qui sont une zone de vie très riche, etc.,etc., les différents types d'épidémies qui se sont succédées au cours des deux dernières décennies, par conséquent l'épidémie du Covid-19 qui a secoué le monde entier aujourd'hui, est indissociable de ce processus historique et des limites sur lesquelles ce processus vient se reposer aujourd’hui.

En tant que système, le capitalisme est maintenant devenu une menace extrêmement mortelle, autant pour l'humanité, que pour l'équilibre naturel de notre planète et donc du monde vivant tout entier. Ces jours-ci, le coronavirus, un micro-organisme qui ne pouvait même pas s’introduire dans une espèce vivante, montre de lui-même au monde cette vérité fondamentale mais simple.

III

La vision marxiste du monde démontre que les épidémies et les maladies reposent principalement sur des causes sociales plutôt que sur des raisons naturelles ou biologiques, puis apporte ainsi un nouveau point de vue radical sur la prise en main des problèmes de santé publique. Après la victoire de la Révolution d'Octobre, l'Union soviétique s'est tournée vers une pratique de santé publique basée sur ce point de vue et a remporté de grands succès dans ce sens au fil du temps. Ainsi Cuba, en tant que dernier représentant de cette tradition, reste un pays exemplaire dans le domaine de la santé aux yeux du monde entier.

Un examen plus approfondi des causes naturelles ou biologiques des maladies et des épidémies, non seulement d’où elles viennent, mais tout au long du passé historique du capitalisme, révèle qu'elles sont en fait étroitement liées aux problèmes sociaux. Les conditions de travail lourdes et insalubres, la pauvreté et le chômage, le manque de nourriture et la malnutrition, les abris insalubres, l’absence de ressources en eau potable et de conditions de vie hygiéniques, la vie urbaine malsaine et les conditions environnementales générales, l’arriération et l’ignorance culturelle auxquels la grande majorité est condamnée etc. ces raisons sociales et d'autres similaires qui sont en liens indissociables avec l'exploitation capitaliste et l'ordre de la propriété privée, sont également la base la plus appropriée pour influencer les causes naturelles/biologiques.

Malgré cela, de nouvelles dimensions se sont ajoutées à cela au cours du dernier demi-siècle. Le problème va au-delà des effets et conséquences destructeurs multiformes et lourdes créés par l'attaque néolibérale contre les conditions de travail et de vie des grandes masses. Au cours de cette même période, d’une part, alors que le pillage et la destruction de la nature prenaient des dimensions sans précédent, d’autre part, les domaines de production agricole et animale sont passés sous le contrôle de monopoles multinationaux dans le monde entier. Ainsi, l'industrie alimentaire vitale est devenue un terrain d'essai pour les pratiques les plus destructrices pour la vie humaine dans un souci de profit maximum. Les interventions dans la génétique des animaux et des plantes à des fins monopolistiques et d'énormes profits, ainsi que les produits chimiques utilisés dans l'industrie alimentaire en général, rendent l'espèce humaine plus sensible aux maladies et aux épidémies et plus vulnérable à celles-ci.

En effet, les experts scientifiques qui découvrent que «l'augmentation des virus est étroitement liée à la production alimentaire et à la rentabilité des multinationales», affirment que quiconque cherche à comprendre pourquoi les virus deviennent plus dangereux devrait rechercher le modèle de l'agriculture industrielle et en particulier de l'élevage. Un scientifique (Rob Wallece) qui a étudié le sujet de très près et a écrit un livre sur ce thème dit qu’"il n'y a plus d'agent pathogène indépendant du capital" et continue comme suit :

« Le Capital est à la pointe de l'accaparement des forêts inexplorées et de la saisie des terres arables appartenant aux petits propriétaires agricoles. … Il classe les agents pathogènes précédemment bloqués de façon à les propager au bétail local et aux populations humaines. »

« … Beaucoup de ces nouveaux agents pathogènes, auparavant contrôlés par des écologies forestières évoluées depuis longtemps, se répandent et menacent le monde entier. »

« Ce qui remplace les écologies plus naturelles, l'agriculture dirigée par le capital soumet des outils complets par lesquels les phénotypes les plus virulents et infectieux des agents pathogènes peuvent évoluer. Vous ne pouvez pas concevoir un meilleur système pour produire des maladies mortelles... »

La signification et le résumé de tout cela est le suivant: La distinction entre les causes naturelles/biologiques et les causes sociales des maladies et des épidémies s'est progressivement estompée dans le monde d'aujourd'hui et a perdu son sens. Les dynamiques qui les activent tous les deux, sont à cette étape désormais entrelacées. A la source des deux, figure l'existence de l'ordre mondial capitaliste dominant et la loi fondamentale de fonctionnement.

IV

À l'époque où l'épidémie balayait l'Europe, selon les informations du journal britannique Guardian, les plus grands experts mondiaux de la biodiversité ont exprimé leur point de vue suivant, dans un article scientifique commun sur la pandémie du Covid-19: « Il n'y a qu'une seule espèce responsable du Covid-19; c'est nous. … Les récentes épidémies, sont les résultats directs de l’activité humaine, en particulier de nos systèmes financiers et économiques mondiaux qui attachent de l’importance à la croissance économique à tout prix… »

Même un article académique purement "scientifique", qui semble avoir été rédigé avec le plus grand soin compte tenu des sensibilités des milieux officiels, ne pouvait en fait pas s’arrêter sans signaler la source même du problème : « Surtout nos systèmes financiers et économiques mondiaux qui mettent l'accent sur la croissance économique à tout prix ... »

Nous savons que le « système économique » en question est le capitalisme, et que le phénomène appelé « croissance économique à tout prix » est le processus d'accumulation du capital accompagné d’une concurrence féroce entre les États capitalistes et les monopoles impérialistes.

La loi fondamentale de la société capitaliste est l'accumulation sans fin du capital. De nouveaux profits doivent être constamment ajoutés aux profits, et cela doit être réalisé dans le cadre de cette concurrence sauvage non réglementée qui a été exaltée comme le «marché libre». C'est un processus sans fin. À tel point que, si la roue de l'accumulation s'arrête, le capitalisme se terminera également en tant que capitalisme.

Toutefois, les seuls frais de ce processus d'accumulation sans fin basé sur une ambition de profit excessive ne reviennent pas à l'humain (naturellement et essentiellement aux travailleurs !) de payer. De l'autre côté, il y a la facture payée par la nature et donc par tous les autres êtres vivants. Il s’agit d’une facture beaucoup plus lourde qui menace dans son ensemble notre minuscule planète, définie comme un «problème environnemental» et qui est toujours le seul exemple connu de vie existante. Le système capitaliste qui broie et consomme toutes les caractéristiques et valeurs «humanitaires», dégradant ainsi constamment l'être humain, consomme aussi la nature au-delà de toute mesure et sans règle dans ce processus sans fin d'accumulation de capital, tout en faisant exactement le même travail. L'ordre et les équilibres de la nature qui se sont formés au cours de millions d'années d'évolution sont bouleversés, et cette situation même constitue la source d'une série de nouvelles «catastrophes naturelles» inhabituelles.

Tel qu’il est déterminé par tous les scientifiques sérieux et honnêtes du monde, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas été acheté par la classe capitale, le coronavirus et donc l'épidémie du Covid-19 n'est pas un phénomène distinct de ce processus historique.

V

Le système capitaliste n'est pas seulement la principale source d'épidémies et de maladies, mais aussi le principal obstacle pour y faire face avec succès. La situation dans laquelle le patron du monde capitaliste, les États-Unis, est tombé face à l'épidémie du Covid-19 et la politique qu'il poursuit toujours encore en est un exemple très révélateur. Ce sont les États-Unis qui restent le pays le plus riche du monde, mais qui se situent comme le pays le plus incapable face à l’épidémie. Et pourquoi donc ? Parce qu'il y a un monopole strict du capital sur son énorme richesse. Pour le Capital, l'Homme n'est pas les besoins matériels et culturels fondamentaux de soi-même, mais l’accumulation sans fin, et pour laquelle il est essentiel que l'homme et la nature soient horriblement exploités et pillés. Parce que les États-Unis est l’un des pays où cette règle est vécue de la manière la plus brutale, malgré ses énormes richesses, ses opportunités scientifiques et technologiques, c'est l'un des pays les plus vulnérables à l'épidémie du Covid-19.

C'est en réalité le tableau général du monde capitaliste, à l'exception de quelques pays européens et asiatiques que l’on essai particulièrement de mettre en évidence comme des exemples positifs. Surtout les quarante dernières années, c'est-à-dire la période de contre-attaque du système déterminée par le néolibéralisme, a été la période de commercialisation de presque tout ce qui est imaginable, y compris toutes sortes de services ou de besoins publics, le transformant ainsi en un domaine d'exploitation rentable. Les services de santé en ont aussi largement tiré leur part. L'attaque néolibérale a retiré la santé publique du statut de problème public et de domaine de responsabilité, la laissant à la merci avide du marché.

Pour la première fois dans l'histoire, avec la Révolution d’Octobre, il a été à l'ordre du jour du monde entier de traiter la santé publique, et par conséquent, ses besoins et ses services comme une responsabilité publique. Sous le poids de l'exemple de l'Union soviétique, et bien sûr, grâce aux vigoureuses luttes sociales dans les pays capitalistes, du moins dans les pays capitalistes développés d'Europe, les États ont dû prendre des responsabilités à cet égard pendant un certain temps. Avec le retrait de la vague révolutionnaire, l'affaiblissement des luttes sociales et la dissolution de l'Union soviétique, comme pour tous les autres acquis économiques et sociaux, une contre-attaque massive a également été lancée contre ceux du domaine de la santé. Le monde capitaliste dans son ensemble, comme presque tous les services publics, il a abandonné la santé aux règles sauvages du marché capitaliste. Elle a été imposée presque partout dans le monde comme une politique spéciale par les centres impérialistes. L'épidémie de Covid-19 montre avec tout ça clarté, à tout le monde ce que cela signifie, même pour les sociétés les plus riches.

Le problème ne consiste pas seulement à être pris au dépourvu et à ne pas être préparé à l’épidémie, car la responsabilité publique a été abandonnée et l'infrastructure de santé publique a été considérablement détruite. Les politiques suivies par les gouvernements capitalistes avec l'épidémie s'inscrivent dans la même logique. Evidemment, les gouvernements capitalistes doivent faire quelque chose face à une épidémie aussi importante qui menace la vie de la société. Mais en essayant de rester autant que possible dans les limites permises par la logique du capitalisme. La propagation de l'épidémie à ce point, ainsi la hausse si considérable de la facture multiforme payée par la société, puis de telles pertes en vies humaines, notamment de la part des ouvriers, des pauvres et des vulnérables, sont toutes le résultat de cette logique et de la politique qui en découle.

Face à une catastrophe sociale mondiale, premièrement, dans une coopération étroite du monde entier, et deuxièmement, au sein de chaque société elle-même, on s'attend à ce que toutes les ressources disponibles et les richesses accumulées soient mobilisées pour la société, afin de faire face avec succès à la catastrophe. Mais aucun de ces deux éléments n'est compatible avec la nature de l'ordre social capitaliste. Penchons-nous sur le second, laissant de côté pour l'instant l'absence de coopération étroite et de solidarité entre les pays. Tout au long de la pandémie, les gouvernements capitalistes n'ont en aucun cas touché aux ressources des banques et des entreprises monopolistiques qui monopolisent la part écrasante de la richesse accumulée dans la société, et ont entrepris de mettre la part du lion des ressources publiques limitées à leur service. Telle est la véritable signification et la fonction des soi-disant «paquets» (surtout en Turquie !), qui ont été annoncés partout à haute voix, dans le cadre des mesures contre le Covid-19. Même face à une épidémie importante et extrêmement dangereuse, nous sommes confrontés à la réalité d'un ordre capitaliste qui examine la responsabilité de défendre la société avant tout à travers la défense des banques et des entreprises monopolistiques, puis principalement par la protection de leur pouvoir et de leurs intérêts.

VI

La même attitude s'est manifestée à travers les politiques de retour à la « normale ». Ce sont les intérêts et les préférences des monopoles qui déterminent les politiques des gouvernements dans presque tous les pays. En particulier dans les zones de production et commerciales, la précipitation au retour à la « normale » est due au cours de l'épidémie et à d'autres effets possibles encore incertains. Le retour de la vie à la « normale » signifie que le processus d'accumulation du capital revient à son ancien format pour les monopoles. Les mesures obligatoires contre l'épidémie ont non seulement temporairement affaibli ce rouage, mais ont également exigé l'attribution de certaines parts du budget public à la société, que les monopoles considéraient comme les leurs. Pour les monopoles capitalistes, cela signifiait un «gaspillage». (Particulièrement en Turquie, des leçons exemplaires se sont produites. Le fait que les couvre-feux coïncident uniquement avec les week-ends ou les jours fériés en est l'illustration. Parce qu'il n'y avait pas de charge particulière sur les limites qu'un couvre-feu pourrait entraîner sur le budget public !)

Au niveau actuel de l’évolution du développement technologique et de l'accumulation des richesses, du moins dans les pays plus ou moins développés, on s'attend à ce que cela n'affecte normalement pas énormément la vie de la communauté dans tous les autres domaines ou branches de production hors ceux qui sont nécessaires (nutrition, hygiène, santé, réchauffement, éclairage, transport, etc.) même pendant des semaines ou des mois. Les richesses et possibilités accumulées sont plus que suffisantes pour que la société puisse vivre pendant des mois dans le cadre de besoins minimaux. En attendant, l’humain et la nature trouveront l'occasion de respirer, de se reposer un peu, de se rafraîchir dans une certaine mesure, de gagner en force...

Mais non, cela ne se produit pas dans le système actuel, c’est impossible ! Ceci est contraire à la nature de l'ordre social capitaliste. Pour que cela se produise, les moyens de production de base et la richesse accumulée doivent appartenir à l'ensemble de la société. Le problème fatal est que dans le système capitaliste, la richesse en question n'est entre les mains que d'une minorité parasitaire, un étau de monopole. Etant donné que cette minorité ne met pas les richesses accumulées au service de la société, et de par sa nature ne les mettra pas, le fait de revenir à la «vie normale», c'est-à-dire desserrer rapidement les mesures contre l'épidémie, a été mis et est mis à l'ordre du jour les uns après les autres par tous les gouvernements. Pour le système, «revenir à la normale» signifie libérer sans retenue les rouages du processus d'accumulation du capital basé sur l'exploitation.

Il est à craindre que cela ne fasse que croître l'épidémie par de nouvelles vagues, causant ainsi aux sociétés des coûts beaucoup plus lourds, ce qui est susceptible de se produire. (En fait, les gouvernements capitalistes essaient dès à présent d'habituer les sociétés à une «seconde vague»). Cependant, le rouage de l'exploitation et de l'accumulation du Capital, la nécessité pour ces roues de tourner dans une rivalité féroce entre monopoles et États, donc pour gagner en supériorité les uns sur les autres, peuvent conduire les gouvernements capitalistes à se concurrencer dans le pari du retour à la «normale».

VII

La loi fondamentale de fonctionnement de l'économie capitaliste est l'exploitation de la plus-value, sur cette base est l'accumulation continue du capital. Ici, les besoins humains ne sont qu'un outil. Cela a du sens tant qu'il rend service à l'objectif, c'est-à-dire quand il est suffisamment rentable. Lorsqu'il perd sa productivité, il perd également son sens. Dans ce cas, le capital, ignorant les besoins humains dans le domaine dans lequel il opère, se tourne vers de nouveaux domaines qu’il trouve plus rentables. Ce qui est essentiel pour le socialisme, c'est de répondre aux besoins matériels et culturels fondamentaux de la société. Dans une économie socialiste basée sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux, il n'y a pas d'exploitation de l'humain par les êtres humains, ni de pillage irrégulier et disproportionné de la nature, motivé par l'instant d'une ambition de profit maximum et des mécanismes de marché.

La différence de principe fondamentale entre le capitalisme et le socialisme se manifeste également dans l'approche des problèmes de la santé publique. Le capitalisme nuit constamment à la santé humaine avec les problèmes sociaux qu'il produit continuellement. De cette manière, il utilise les problèmes de santé qui apparaît ainsi, comme un domaine d'exploitation très rentable pour lui-même. Dans l'ordre capitaliste, les services de soin et de réhabilitation, les investissements médicaux et la recherche, la production pharmaceutique, un secteur qui est aussi rentable que l'industrie de l'armement, le principe décisif de tout cela est la rentabilité maximale comme dans toutes les autres industries et services. Il ne peut en être autrement dans une logique et un fonctionnement économique basé sur l'exploitation, le profit et le marché.

Ce qui compte pour le socialisme, qui approprie les moyens de production de base et les richesses accumulées à la société et qui met fin à l'anarchie du marché avec une planification basée sur les besoins sociaux, c'est la santé de la société. Dans le socialisme, la santé humaine est en principe un domaine de responsabilité publique. En détruisant l'ordre de classe bourgeoise, la révolution sociale frappe également le terrain social, qui détruit de façon chronique la santé de la société de multiples manières. La révolution sociale, qui met sous le contrôle des travailleurs toutes les institutions de santé et les usines pharmaceutiques qui sont entre les mains ou sous la domination du capital, s'oriente vers un service de santé égal, gratuit et de qualité pour tous. Elle mobilise les opportunités et les ressources disponibles dans cette direction. Dans le socialisme, les mesures préventives et les services pour la santé humaine, à savoir, le principe que nous appelons «médecine préventive» est essentiel. Le souci d'améliorer les conditions de travail et de vie de l'ensemble de la société, d'élever le niveau de vie matérielle et culturelle de la société par des efforts systématiques, des politiques, des mesures et des pratiques fondées sur cela sont la solution fondamentale et permanente pour éliminer principalement les causes sociales des épidémies et des maladies.       

VIII

La puissance soviétique, qui a hérité d'un héritage socio-culturel extrêmement arriéré de la Russie tsariste et qui a fait face à la destruction sévère de la guerre civile de quatre ans après trois autres années de guerre impérialiste, a agi dès ses débuts, selon les principes et les fondements socialistes dans la santé publique malgré toutes les conditions défavorables. Dès la première semaine de la révolution victorieuse, une «assurance sociale complète» a été introduite pour tous les salariés. La journée de travail maximale, qui est une question vitale pour la classe ouvrière et la santé générale des ouvriers, a été réduite à 8 heures avant toute l'Europe, continent développé, (la dixième année de la révolution, elle allait être réduite à 7 heures). Alors que la première moitié de la révolution était à peine terminée, le ministère de la Santé a été créé pour la première fois dans l'histoire du monde pour s'engager dans la santé publique. A l'époque où la guerre civile se poursuivait avec toute sa violence, la lutte systématique contre les maladies épidémiques (choléra, typhus, grippe espagnole, syphilis, etc.) a été mise à l'ordre du jour.

Dans le programme du parti renouvelé en mars 1919, l'importance décisive des politiques de protection et de prévention dans le domaine de la santé publique a été accentuée, en mettant en avant que de telles mesures sont par nature impraticables dans les conditions de l'ordre bourgeois : « Le Parti communiste de Russie (bolchevik) croit en la mise en œuvre de vastes mesures de protection et de prévention visant principalement à prévenir le développement de maladies, sur la base de ses activités de protection de la santé publique. » Dans le cadre de cette approche, plus de la moitié du budget de la santé a été allouée aux mesures et services préventifs dans les années 1920.

Dans le nouveau programme du parti, où « fournir des soins et des traitements médicaux gratuits » pour tous était inscrit comme un droit fondamental, la suivante question très importante concernant la protection de l'environnement a également été incluse : « Amélioration des conditions de santé dans tous les lieux publics ; protection du sol, de l'eau et de l'air... »

Le gouvernement soviétique, produit de la Révolution d'octobre, présentait la "protection du sol, de l'eau et de l'air" comme objectif de son programme, plus de soixante ans avant l'émergence de mouvements environnementaux en Europe et que l'écologisme ne devienne une sorte de tendance de mode. Comme condition de cet objectif et de ce but, le principe de l'établissement de zones industrielles à l'écart des lieux habitables a été accepté et appliqué comme une règle générale. La mise en place des infrastructures urbaines et de la protection des villes ont été discutées dans cette perspective.

Au-delà des conditions socio-culturelles arriérées, dans le pays soviétique, qui a repris les lourdes ruines de la guerre et de la guerre civile encore plus que l'ancienne société, et de plus dans les années 1920, de grands succès ont été obtenus dans la lutte contre les maladies infectieuses et épidémiques. La prise en compte du lien indissociable entre les conditions de travail et de vie avec la santé publique était le fondement des politiques de santé menées en Union soviétique. Dans ce cadre, la protection du travail, l'amélioration des conditions de travail dans les usines et les ateliers qui en fait partie, la réglementation de la nutrition sociale sur une base scientifique et hygiénique, l'amélioration des conditions de vie des ouvriers, essentiellement le problème du logement, les efforts systématiques pour mettre en place une infrastructure urbaine saine, ainsi que l'attention toute particulière accordée à la santé des enfants et aux sports de masse au niveau communautaire, tous ces éléments réunis ont constitué la base solide des réalisations dans le domaine de la santé publique.

Comme dans les pays capitalistes, on ne s’attendait pas à ce que les patients des centres de santé soient guéris, les services de santé préventifs et protecteurs sont ramené personnellement jusqu’aux pieds des populations, même dans les endroits les plus reculés. En plus des examens de routine des travailleurs, les médecins devaient participer personnellement au contrôle de la santé et de la sécurité de l'environnement de travail. L'inspection régulière des établissements industriels par des inspecteurs de l'État et des syndicats en termes de santé et de sécurité des travailleurs était une autre pratique obligatoire.

En résumé, l'assèchement du sol social et naturel qui produit des maladies, était le principe fondamental de la politique de santé soviétique.

IX

Jusqu’à la Révolution d’Octobre, considérer la santé comme une responsabilité du domaine public était totalement étranger au monde capitaliste. L’approche et les succès de l’Union Soviétique dans ce domaine étaient inévitables qu’au fil du temps, cela affectera le monde capitaliste d’une manière ou d’une autre. Par contre, il faut attendre la fin de la II guerre mondiale impérialiste, pour que cette pression donne des premiers résultats prometteurs. Dans la conjoncture favorable qu’offre la période d’expansion de l’économie capitaliste après-guerre, sous la pression directe de l’Union soviétique et bien sûr à la suite des luttes sociales difficile, le problème de la santé publique a été accepté comme responsabilité du domaine public, dans un certain nombre de pays capitalistes. Affaiblir le mouvement ouvrier révolutionnaire, pour amoindrir la menace de la révolution sociale et spécialement dans la période des gouvernements sociale-démocrate, d’importante réforme ont été réalisé dans le domaine de la santé publique en plus de certain autres problèmes sociaux. L’allégation d’ « Etat sociale » a été formulée à la suite de cela et a pu être un peu convaincant.

Mais dès que la période d'expansion économique de l'après-guerre qui ne peut toujours pas être surmontée, a laissé sa place à la crise économique mondiale, qui coïncide avec le début des années 1980 lorsque la vague révolutionnaire dans le monde s'est retirée rapidement. İl y a eu des attaques générales contre les gains économiques et sociaux des travailleurs dans tout le monde capitalistes, y compris ceux qui se ventent d’être des « états sociaux ». Naturellement, le domaine de la santé en a également eu pour sa part. Au retour dans les années 90, ou en d'autres termes, avec la fin de l'existence formelle des positions socio-politiques créées à l'époque de la Révolution d'Octobre, les attaques ont pris de nouvelles dimensions. Dans ce cadre, le problème du secteur de la santé publique a été en grande partie transformé en un domaine d’investissement et d’exploitation privilégié du capital. A partir de là, ce n’est plus la responsabilité publique, mais le libre échange qui dominait.

L’édition de l’organe centrale "Ekim" (Octobre), alors que les attaques néolibérale contre les gains des ouvrier(ère)s et des travailleur(se)s dans les métropoles impérialistes ont perdu tout contrôle, en mars 2005 un éditorial exhaustif a été publié (Numéro : 241). Nous republions une grande partie relativement importante de cette article intitulé La fin « de l’état social » et la fin de la paix sociale. Sous une rubrique différente, mais conforme à l’idée de base, nous publions : Miroir sur 150 ans de La Dialectique de la Révolution et la Réforme. (Le contenu entier du texte peut être accessible dans le site tkip.org ou alors dans le livre Evaluations du Parti- 2…)

Nous citons les passages suivants de l'éditorial que nous avons mentionné :

« Considérés en terme généraux, les gains économiques, sociaux, et politiques de la classe ouvrière, et des travailleur(se)s dans le système capitaliste, n’as pas été un cadeau de la bourgeoisie, mais le produit de longues décennies de luttes de classes acharnées. Ce fait historique est exprimé à juste titre dans presque toutes les évaluations progressistes-révolutionnaires des attaques actuelles du capital. Cependant, un point fondamental qui doit spécifiquement être souligné dans ce contexte, est la relation indissociable entre l’acquisition de ces gains dans le passé, et la perte de ces mêmes gains aujourd’hui, avec la situation générale de la lutte de classe à l’échelle mondiale. Aujourd’hui plus que jamais, ce phénomène particulièrement vrai quand il s’agit des pays capitalistes avancés, doit être pris en compte du fait que les acquis de ces pays font l’objet des attaques les plus extrêmes. »

« Quand le socialisme à l'échelle mondiale était un courant fort et prestigieux, alors que les luttes de classe révolutionnaires se poursuivent sous diverses formes partout dans le monde, une des réflexions importantes à ce sujet est alors le mouvement ouvrier révolutionnaire international, dont les lignes de front tenues par les communistes qui était fort et organisé, la bourgeoisie impérialiste des pays métropolitains a pu et à due faire face, même aux luttes limitées des ouvriers dans leur propre pays avec des concessions qui les satisferaient, les apaiseraient et les lieraient ainsi au système. Même si la période de croissance capitaliste des quelques décennies qui ont suivi la guerre (et les politiques économiques keynésiennes de cette période) l’ont encore facilitée, derrière les réformes économiques et sociales qui ont été institutionnalisées et qui ont servis de bouclier de défense contre la révolution et le socialisme en tant qu’ «État social», il y avait fondamentalement la pression directe du processus de la révolution mondiale. La réaction généralisée dans les pays dépendants, cette pression qui s’est heurté à la terreur blanche et aux régimes de dictature fasciste, ont été confrontées à l'adoucissement des contradictions avec les concessions/réformes économiques et sociales dans les pays métropolitains, apaisant ainsi les travailleurs. »

« De ce point de vue, les gains de la classe ouvrière et des travailleur(se)s des pays métropolitains étaient en grande partie des sous-produits du processus révolutionnaire mondiale, plutôt que le produit des luttes nationales des ouvrier(ère)s et des travailleur(se)s de chaque pays au sens étroit. Cela incluait, bien sûr, les luttes de classe au sein de chaque pays, mais le cadre a été défini au niveau international, c'est-à-dire dans le monde entier. Par conséquent, ce qui était en jeu ici était le fonctionnement et les résultats de la dialectique révolution-réforme au niveau international. Lorsque la pression des sociétés qui se sont tournées vers le socialisme et des pays dépendants qui sont le théâtre de luttes sociales et de politiques efficaces, combinés à la pression organisée de la classe ouvrière dans les pays capitalistes développés, font des concessions sociales et adoptent de plus en plus une politique («d'État social»), en particulier, lorsque la conjoncture d'expansion capitaliste le facilite, elle avait été la voie la plus appropriée pour la bourgeoisie occidentale. »

« Avec la nouvelle crise qui a éclaté au milieu des années 70 et qui n’a toujours pas été surmontée, cela touche bientôt à sa fin. L’attaque néolibérale de la bourgeoisie impérialiste qui a commencé dans les années 80 en a été l’expression et la déclaration. Le sens de l’offensive néolibérale n’était rien de plus que l’usurpation systématique des gains sociaux de la classe ouvrière et des travailleur(se)s. »

« Les mêmes années ont été caractérisées par la chute de la vague de révolution dans le monde et l'aggravation de la crise dans le bloc de l'Est, qui symbolise l'alternative au socialisme, indépendamment de ce qui s'est réellement passé. Ces développements d'une importance historique, qui ont abouti à la dissolution de ce bloc à la fin des années 80, ont également facilité l'attaque néolibérale à l'ordre du jour. Avec l'effondrement de 89 et la vague de réaction internationale qui a suivi, après que le mouvement révolutionnaire et socialiste est tombé dans une situation totalement impuissante, il ne restait presque plus d'obstacle face à l'attaque globale du capital international. Comme il ne restait plus d'obstacle, précisément à la suite de ces mêmes développements, l'ouverture de la voie aux contradictions internes dans le monde capitaliste et l'intensification de la concurrence économique dans le cadre de celui-ci, a entraîné l'intensification de l'attaque sociale. »

« Ainsi, les concessions faites dans l'environnement caractérisé par la montée de la vague révolutionnaire internationale ont commencé à être reprises une à une dans les conditions historiques où cette vague a été brisée. Les acquis comme sous-produits des réformes du processus révolutionnaire de l'époque, sont désormais limités par des politiques de « réforme » qui sont le produit du processus contre-révolutionnaire ou alors ils sont complètement usurpés. Nous sommes toujours dans ce processus aujourd’hui et nous constatons que les attaques continuent de s'intensifier de jour en jour.. »

En résumé, dans la seconde moitié du XXe siècle, c’est précisément ce qui a « discipliné » les riches métropoles du monde capitaliste dans certaines limites, ce qui a ouvert la voie à une série de gains sociaux, politiques et culturels, et dans ce cadre, ce qui a permis de traiter la santé publique comme un domaine de responsabilité publique dans une mesure ou une autre. C’était au total, la pression des développements dans le chemin qu’a ouvert la Révolution d’Octobre. Dès que cette pression a été levée, les gains ou les concessions obligatoirement données ont été substantiellement annulés par la contre-attaque des quarante dernières années. Aujourd’hui, ce processus d’annulation continue sans perdre de la vitesse.

La pandémie du Covid-19 a démontré à l’échelle mondiale ce que signifient les conséquences sanitaire de cette contre-attaque. Cette catastrophe mondiale face à laquelle l’humanité est confrontée, a montré un exemple de l’état du système de la santé dans le monde capitaliste, à travers les métropoles capitalistes les plus développées. La brutalité néolibérale a révélé comment le système de santé publique a été brisé, au cours des quarante dernières années. Comme tous les autres services publics, ce qui peut conduire à la marchandisation, à l'exploitation et au vol des services de santé a été considéré comme concret à travers l'épidémie mondiale à l'ordre du jour.

L’humanité, bien sûr, les travailleurs et le monde des opprimées et en particulier la classe ouvrière des métropoles impérialistes, vont beaucoup mieux comprendre avec le temps qu’ils doivent beaucoup, même dans cette forme imparfaite de socialisme qui s’est réalisé dans les conditions historico-sociaux les plus défavorables et sous un assiègement brutal, à la percé de la Révolution d’Octobre.

X

Depuis que la pandémie a commencé, il y a différents types d’opinions concernant la suite. Dans les limites des critères scientifique, sauf ceux basés sur des prédictions, ces vues n’ont pas plus de valeur que de la spéculation. Même si les pays ou régions formant le centre névralgique de la pandémie change, la pandémie continue à poursuivre son effet et il n’est actuellement encore impossible de prédire où cela pourrait mener. Même quand les institutions économiques et financières impérialistes font leurs propres prédictions sous réserve qu'il y ai "une seconde vague", elles énumèrent entièrement d’autres prédictions en tenant compte de cette deuxième possibilité. Cela en soi indique que la situation reste toujours incertaine.

Dès aujourd’hui, ce qui est certain est que la pandémie a révélé certaines faiblesses structurelles du système capitaliste, qu’elle a démontré sa faiblesse et son incapacité dans une lutte efficace contre l’épidémie mondiale. Dès aujourd’hui, on ne peut pas prédire quel résultat cela préserve aux luttes de classes. Par contre, on peut désormais prédire que les principales contradictions qui confèrent au système son caractère fondamental vont s’accentuées. En fait, les signes se multiplient de jours en jours.

Sur la base des mesures pandémique concernant la limitation de la vie quotidienne, spécialement dans certains cercles petit-bourgeois cultivés, des spéculations pessimistes ont été lancé sur la manière dont le système pourrai prendre le contrôle de la vie des gens, conduire et diriger les masses plus facilement. Pourtant même un assassinat policer aux Etats-Unis a suffi de démontrer le non-fondement de ces spéculations, en exposant la colère accumulées dans le pays lui-même, immédiatement après, et en la portant dans les rues en grande foule malgré les conditions épidémique en cours. Avant la pandémie, et l’automne dernier, des millions de personnes dans le monde entier étaient dans la rue et sur les places pendant des semaines. Nous l’avons vu pendant la pandémie et nous pouvons voir d’un œil certain que cela se reproduira après la pandémie. Chaque nouveau développement significatif au niveau mondial montre que le système est en train de s’épuiser, qu’il ne donne ni confiance ni espoir aux masses travailleuses et en particulier à la jeunesse, et le plus important, c’est que cette situation ne sera pas prise désespérément. (Exactement ces jours-ci, la moquerie minutieusement faite sur la diffusion de longues études sur le « retour de la lutte des classes » dans une publication qui a été le siège de la gauche libérale française pendant de nombreuses années, et de ces philosophes et penseurs qui développent de nouvelles théories puis qui publient des livres sur « la fin des classes et de la lutte des classes » depuis quarante ans, est un signe remarquable.)

Depuis le début de la pandémie et parallèlement au cours du processus, l'économie impérialiste et les institutions financières font des prédictions consécutives sur la facture économique et sociale de cette grande épidémie qui a secoué le monde entier. Elles ont avancé des vues pessimistes sur le tableau qui pourrait se produire. Ils parlent d’une récession économique mondiale, des centaines de millions de travailleurs à plein temps qui vont perdre leur emploi, d’un milliard six cent millions de travailleurs non enregistrés qui vont tomber dans la misère privés de revenus, de l’effondrement de milliers voir des dizaines de milliers de petits et moyennes entreprises dans chaque pays, l’éclatement d’une crise de dette majeur, etc. Il faut considérer toute ces prédictions, quelle que soit leur exactitude, a la fois comme un signe avant-coureur et à la fois en rationnalisant dès maintenant une attaque mondiale du capital contre le travail, comme légitimant.

Cela est apparemment dû aux conditions dévastatrices de l'économie créées par la pandémie du Covid-19. En réalité, c’est encore une fois de plus la nature rationnelle et inhumaine du système capitaliste mondial. Dans le monde d’aujourd’hui, il y a des outils de production très avancés, une production organisé, un appareil de service dans chaque pays et des richesses énormes accumulées dans la totalité du monde. Malgré tout cela, comment une contraction temporaire de la production et, de la circulation des biens et services causée par une épidémie, pourrait-elle entrainer le chômage de centaine de millions et l’appauvrissement de milliards de personnes ? La réponse est une fois encore très simple, le monopole du capital sur les moyens de productions, les richesses accumulées puis, la logique particulière du fonctionnement de l'économie et du commerce sous l'ordre capitaliste façonnée en conséquence.

Malgré cette réalité évidente, nous pouvons tenir pour acquis que dans tous les pays la classe capitaliste aura tendance à facturer les effets de l’épidémie à la classe ouvrière et aux travailleurs. Cela aura pour résultat la contradiction entre le travail et le capital, qui est une des contradictions fondamentales du système, qui s’accentuera inévitablement. Nous pouvons voir quelle conséquence cela pourrait avoir sur le plan de la lutte des classes, dans chaque pays et en générale dans le monde étroitement lié à un certain nombre de facteurs complexes.

Pour des raisons similaires, le conflit entre l'impérialisme et les peuples opprimés s'intensifiera à un nouveau niveau dans la période à venir. Car, la facture multidirectionnelle à faire payer aux ouvriers et aux travailleurs dans chaque pays va être complétée par les politiques imposées par les centres impérialistes, aux pays faibles et en conséquence aux peuples opprimés. Les peuples seront confrontés non seulement aux conséquences des attaques économiques et sociales, mais aussi aux conséquences de nouvelles destructions résultantes de la politique et culture réactionnaire, des agressions et des guerres impérialistes.

L’image de l’après pandémie de la contradiction inter-impérialiste, qui est la contradiction fondamental du système, est maintenant devant nos yeux. Les conflits et les tensions entre les principaux centres de pouvoir impérialistes, ont pris de nouvelles dimensions avec la pandémie. L’impérialisme Américain en particulier, en raison de la pandémie, a fait de la Chine une cible spéciale, et tend les relations à mesure qu'elle s'étire. Outre les impérialistes européens, il tente d'encercler la Chine et d'affaiblir son économie en encourageant la fuite des capitaux et en emportant avec elle d'autres pays d'Extrême-Orient.

Cette évolution suivie par le monde entier de façon habituelle, révèle un autre fait structurel fondamental du système mondial capitaliste. Comme son nom l’indique, avec la pandémie toute l’humanité est face à un désastre de niveau globale. Normalement face à une catastrophe commune, une coopération et une solidarité étroite sont attendues au niveau mondial. Néanmoins, dans les conditions du capitalisme, cela est impossible, comme la période de pandémie l’a démontré une fois de plus et avec toute sa clarté.

Pendant la période de pandémie globale, l’entraide et la solidarité entre les pays dans un monde capitaliste mises à part, chaque gouvernement capitaliste a cherché à libérer son propre domaine de souveraineté. De plus, chacun d’entre eux agissait dans des calculs égoïstes jusqu’à la disgrâce. Égoïsme, rivalité, conflit, méfiance, hostilité, dislocation, supériorité les uns sur les autres, etc. tel a été le vrai caractère du système mondial capitaliste, à travers la réalité épidémique mondiale de la communauté d’Etats qu’elle a formé.

XI

Trouver des solutions globales aux sujets auquel l’humanité fait face, la coopération fraternel entre les peuples, la solidarité et l'intégration progressiste, la protection de l’environnement et de la nature, tout cela n’est possible que dans la mesure où le système mondiale capitaliste est vaincu. La sortie et la solution passent par l’internationalisme révolutionnaire et la révolution mondiale. Telle est la vérité fondamentale mais simple, qui s’éclaircie une fois de plus à travers la pandémie.

Selon l’image mondiale d’aujourd’hui, cela semble être une cible difficile, lointaine et incertaine. Mais ce n’est qu’une apparence. La capacité même d'un meurtre policier qui a attiré de grandes foules dans un certain nombre de pays, est un autre fait fondamental du monde d'aujourd'hui. Il faut être aveugle pour ne pas voir que derrière ce soulèvement qui ressemble à de la colère contre le racisme, se cachent les raisons sociales et donc la dynamique de classe.

Il y a d’autres faits fondamentaux que la pandémie mondiale a une fois de plus clarifiés. Par exemple, le fait que dans le monde d’aujourd’hui, la classe ouvrière qui porte la société sur son dos est devenu visible, même aux yeux de ceux qui ne veulent pas voir la vérité en face. Beaucoup de dispositions ont été au point mort lors de la pandémie, mais la production des biens et les services fondamentaux à l’humanité n’ont pas cessé. Comme à chaque fois, l’accomplissement de ces tâches a été l’œuvre des classes populaires de chaque pays. Lors de la pandémie, un certain nombre de choses ont été abandonnées. Mais les moyens de subsistance obligatoires et les services de base essentielle à la vie n’ont pu être abandonnés un seul instant. Tous ces éléments ont été naturellement rentabilisés dans la production des matériaux et le processus de travail. Et dans chaque pays, c'est la classe ouvrière qui a fourni cet effort. La classe qui porte la société et la vie modernes sur ses épaules ...

Cette classe à entrouverte les portes d’un nouveau monde, dans la deuxième décennie du siècle dernier, en Russie. Elle s’est mise au travail dans des conditions internationales des plus défavorables envisageable, sous un encerclement destructeur brutal et avec un héritage de socioculturel les plus arriérés. Malgré cela, il a offert de nouveaux exemples à l’humanité, en peu de temps et dans un certain nombre de domaines. Nous venons de souligner la signification sur la santé publique et spécifiquement sur la pandémie. A titre d’exemple limité, nous nous sommes seulement limités qu’à notre sujet.

Dans le monde d’aujourd’hui, par sa présence sociale physique, cette classe est plus répandu et peuplé qu’il ne l’a été. Une fois de plus, comme l’a démontré la pandémie, c’est la force la plus indispensable comme axe principal de la vie sociale. La solution radicale et durable contre les épidémies mondiales, ainsi que toute sorte de problèmes mondiaux produits par le capitalisme, ainsi qu'aux épidémies mondiales, est étroitement liée à la capacité de cette classe à ouvrir la porte d’un nouveau monde.

Nous devons œuvrer coûte que coûte, pour que cette classe puisse devenir une force social-politique capable avec succès de jouer son rôle révolutionnaire historique. C'est la tâche révolutionnaire la plus urgente, la plus prioritaire et la plus décisive que la pandémie nous fait profondément ressentir encore à nouveau.

EKİM-Publication de l’Organe Central TKİP
(Parti Communiste Ouvrier de Turquie)

tkip.org

* Avril 2021 -Ceci est une traduction amateur.