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14.06.2021

05.03.2021 01:11


Travailleuses à la lutte le 8 mars !

Alors que nous nous préparons à célébrer le 8 mars, Journée Internationale des Ouvrières, nous avons laissé derrière nous une année au cours de laquelle la partie la plus lourde de la pandémie et de la crise reposait sur les épaules des travailleuses avec, l'oppression, la violence et les meurtres de femmes qui se sont poursuivis sans relâche. Mais en plus de ces problèmes croissants, ce fut une année au cours de laquelle la lutte organisée a augmenté, et les femmes ne quittaient pas la rue pour leurs droits et libertés.

Alors que l'épidémie du coronavirus, vécue dans les conditions de la crise multiforme du système impérialiste-capitaliste, a aggravé la crise, les ouvrier(ère)s et les travailleur(se)s forcés de travailler ont dû survivre entre le dilemme "virus ou faim". Dans ce processus où l'exploitation a augmenté encore plus, les salaires ont diminué, l'insécurité s'est accrue et que les conditions de vie humaines sont devenues difficiles, les femmes, qui font partie des travailleur(se)s et des ouvrier(ère)s, ont payé le prix fort de la crise et de la pandémie partout dans le monde.

La vie des travailleuses s'est aggravée, elles sont devenues vulnérables à la violence, l'exploitation du travail des femmes s'est intensifiée et les attaques des régimes oppressifs réactionnaires contre les droits acquis des femmes sont devenues plus fréquentes. En raison des mesures insuffisantes contre l'épidémie, de nombreuses travailleuses et ouvrières qui luttent contre la pandémie, en particulier les agents de santé, ont perdu la vie à cause du Covid-19 et les pertes se poursuivent.

En plus des conditions de travail pénibles et inhumaines, de la brièveté du travail, des congés sans solde et avec des pratiques dans ce genre, il y a eu une forte baisse des revenus des femmes qui travaillaient déjà pour de bas salaires. Dans les secteurs les plus touchés économiquement par la pandémie, les femmes étaient principalement envoyées chez elles. Des millions de femmes ont déjà rejoint l'armée des chômeurs. Par exemple, aux États-Unis, le taux de chômage des jeunes femmes est passé de 7,5% à 29,8% seulement en mars et avril.

Les travailleuses des secteurs informels constituent l’un des groupes les plus gravement touchés pendant la pandémie. Les travailleuses et ouvrières ont été soit licenciées, soit envoyées en congé sans solde, soit condamnées à des conditions de travail brutales en raison d'une irrégularité accrue. Les travailleur(se)s clandestins produisant des biens et des services pour des monopoles internationaux, en particulier en Asie, en Afrique et en Amérique latine, ont déjà perdu jusqu'à 80% de leurs revenus, tandis que le nombre de travailleur(se)s pauvres a quadruplé. En Inde, où l'emploi clandestin a atteint 90%, le travail forcé a été porté à 12 heures par jour.

Le fardeau des femmes qui sont dans l'obligation de travailler à domicile a augmenté à plusieurs reprises avec des responsabilités telles que les tâches ménagères, les soins aux enfants et aux patients. La fermeture de la femme à la maison signifie qu'elle est anéantie et exposée à la violence. Bien que les données exactes ne soient pas connues pour le moment, en avril le taux de violence à l'égard des femmes a augmenté de 30% dans de nombreux pays, alors que plus de la moitié de la population mondiale était isolée.

Les femmes ne se sont pas tues !

Tout en maintenant le dynamisme du mouvement des femmes face au féminicide, aux interdictions de l'avortement, au travail bon marché et précaire, aux mauvaises conditions de travail, à la violence, à la discrimination et aux attaques massives à travers le monde, les femmes rejettent les politiques qui leur sont imposées par les systèmes. Elles se mobilisent pour leur «liberté», se mettent en grève pour leurs droits, et deviennent militantes par leurs actions, en repoussant les limites de la persévérance, de l'audace, du courage et de la volonté.

Tout au long de l'année où les travailleur(se)s et les ouvrier(ère)s ont été contraints de payer le fardeau de la pandémie et de la crise, puis où la pression et la terreur n'ont pas été absentes, le personnel de santé a mené la lutte pour de meilleures conditions de travail et des salaires plus raisonnables.

En Irak, en Iran et au Liban, les femmes sont passées en première ligne des protestations contre la corruption du gouvernement et le coût élevé de la vie. Trente ans plus tard, au Soudan la colère contre le régime oppressif s'est transformée en une rébellion dirigée par des femmes. Dans la résistance du peuple kurde au Moyen-Orient, les femmes ont démontré qu’elles avaient un rôle particulier. Elles ont participé massivement à la plus grande grève de l'histoire de l'Inde et ont crié leurs revendications d'égalité et de liberté.

En France, elles ont organisé les actions les plus créatives avec les jeunes contre la réforme des retraites. En Allemagne, elles se sont lancés dans la lutte : "Un salaire égal pour un travail égal !", "Accroître la valeur des métiers traditionnels des femmes à leur place méritée !". En Suisse, elles sont descendues dans les rues contre les inégalités et l'augmentation de la violence qui s'est aggravée avec l'épidémie. En Grèce, elles ont rejeté les frontières construites en disant : « Nous sommes des femmes Yuna, nous sommes des femmes réfugiées, nous sommes des femmes qui parlent différentes langues mais qui coopèrent dans la même langue ».

Partout dans le monde, elles se sont battues pour l'annulation des lois criminalisant l'avortement. Alors que des millions de femmes ont tenu le pouls du pays avec leurs actions pendant des semaines contre la loi sur l'avortement en Pologne, elles ont couronné la lutte contre l'avortement qu'elles poursuivent depuis des décennies en Argentine et elles ont fait passer le message que "la lutte fais gagner !" aux travailleuses du monde.

Au Chili, elles ont ouvert la voie à une nouvelle constitution avec leurs révoltes contre la violence et le viol des forces de l'ordre. Attirant l'attention sur le fait que « la violence contre les femmes est un crime d'État », des millions de femmes au Mexique se sont mises en grève en mars 2020 avec le slogan « Un jour sans nous », pour protester contre les meurtres de femmes dans le pays. Les voix se sont élevées contre les inégalités salariales et la violence sexuelle lors de la grève des femmes en Espagne. En Argentine, au Chili, au Pakistan, au Nicaragua, au Mexique et en Turquie les femmes sortent en disant qu’elles ne diminueront pas d'une personne de plus. La colère contre les féminicides et les violences sexuelles sont venues au premier plan en Argentine, au Bangladesh, en Équateur et au Guatemala

Tandis que des millions de personnes dans le monde, comme à Hong Kong, en Algérie, en Équateur, au Liban, au Brésil, en Afrique du Sud, à Haïti, au Nicaragua, au Pérou et à Myanmar, ont pris des mesures contre le changement et les violations des droits de l'homme, les femmes étaient en première ligne. Dans les centres du système impérialiste-capitaliste dans le monde, la réaction à l'inégalité des sexes et aux politiques d'exploitation s'est manifestée de manière plus évidente, entre d'autres problèmes.

Travailleuses au combat pour le socialisme !

Ces dernières années, le 8 mars s'est transformé en manifestations et grèves de femmes au cours desquelles des millions de travailleuses et ouvrières descendent massivement dans les rues du monde entier. Nous devons transformer chaque domaine dans lequel nous nous trouvons en un champ de lutte pour que la Journée Internationale des Ouvrières ait lieu ce 8 mars conformément à son essence historique et de classe.

Le processus de pandémie révèle une fois de plus et de manière frappante que l'humanité se dirige vers le carrefour suivant : soit l'extinction de la barbarie capitaliste, soit le socialisme !

Mettre fin à la barbarie capitaliste et instaurer le socialisme continue d'être la plus grande aspiration de l'humanité et l'espoir de libération pour nous, les travailleuses. Cet appel est plus à jour que jamais. Alors combattons pour le socialisme, afin de construire un avenir égal et libre !

Vive le 8 mars, Journée internationale de l'Ouvrière !

Plateforme Internationale des Travailleuses